Parce que Martigues

Je passe le pas de la porte et déjà je ne sens plus cette odeur douceâtre et envoûtante qu’ont les vieilles maisons. Un je-ne-sais-quoi de poussiéreux et de mystérieux, des murs qui renferment des décennies de secrets et un carrelage qui en dit long sur son âge. Des lambeaux de peinture décrépie s’arrachent du mur mais ça n’est pas pour me déplaire, au contraire, ils rajoutent une touche d’informel qui me rassure et me met à l’aise.

Une maison simple et suffisante, dont ma grand-mère a hérité il y a peu et qu’elle remet progressivement en état après des années inhabitée. Un nouveau pied-à-terre.

Je reviens toujours à Martigues avec la sensation de ne l’avoir jamais quittée, les visions familières de ses rues et de ses paysages sont imprimées en moi depuis l’enfance et je les porte dans mon coeur avec une immense tendresse. C’est la ville de tous mes étés ; de ma naissance jusqu’à l’âge adulte j’y suis venue chaque année. C’est le gout du soleil sur ma peau, l’odeur des pins sur la terre aride, le bruit des vagues sur les rochers. C’est des couleurs et des nuits chaudes, des promenades sur terre et des randonnées en mer, des saveurs méridionales et des notes estivales. C’est des promesses de liberté, de découvertes et de plénitude. C’est les milles-et-un bruits de l’été, le chant des cigales et l’accent du sud, le vent sur la mer et le cri des goélands, la clameur du marché et les rires en famille. C’est l’eau glaciale après le mistral et la peau chaude après le soleil. C’est les feux d’artifice de la fête vénitienne et les couleurs du festival  multiculturel. C’est les robes légères et les pieds sur les rochers. C’est la vie. 

Martigues se vit en famille, j’ai déjà tenté d’y aller seule mais ça n’avait pas la même saveur (et pourtant j’aime d’amour la solitude). J’y ai emmené de proches amies, je l’ai partagée avec toutes mes relations amoureuses qui ont compté (trois). J’y ai rencontré un homme aussi, une fois, celui dont la rupture m’a conduite à écrire le premier chapitre de mon roman. J’ai tellement de souvenirs associés à Martigues, mon coeur en est rempli, des très bons comme des moins bons (mais ceux-ci sont quand même bien plus rares). Je suis comblée d’avoir la chance et l’opportunité d’y passer encore quelques jours cette année, de profiter de ma grand mère et de ma soeur que je ne vois pas beaucoup, de savourer la chaleur au bord de la mer ou de l’étang, de me délecter de ses petites rues pleines de couleurs et d’odeurs du sud, de m’apaiser au contact du soleil provençal et de sentir le sourire revenir à l’intérieur. Parce que, Martigues.


 

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