Bonjour ma vie # 1

Bonjour ma vie !

Sur un concept absolument piqué à Laurie de Chroniques et Tribulations, je me risque ici à faire un bref résumé de la semaine écoulée. Parce que mon quotidien ne ressemble pas uniquement à mes interrogations existentielles dignes d’une dépression adolescente, j’avais envie, pour changer, de partager ces petites choses et ces pensées du quotidien qui gigotent dans ma tête.

On verra si je prolonge l’expérience et si ça vous plait ! Je crains que ça soit un peu long, ce qui je sais peut en rebuter plus d’un·e, mais si j’avais une excellente capacité de concision ça se saurait (maitresse, si tu me lis, merci d’avoir eu la patience de lire mes rédactions qui prenaient plusieurs copies doubles) et j’aurais beaucoup moins de problèmes dans la vie (cf mon cerveau qui part dans tous les sens).

Cet article sera sponsorisé par les photos de Munich 2014, voyage d’anniversaire.

Lundi

Réveil 4h45, ce sera le cas toute la semaine, gros projet de traduction sur le feu et je suis déjà en retard sur mon nombre de mots quotidien. Un marathon qui ne va pas me laisser le temps de faire grand-chose d’autre cette semaine, d’autant que j’ai plusieurs rendez-vous médicaux de prévus. Mais après c’est la Sainte Pause à Lyon pour un weekend en famille (et surtout j’aurai fait mon chiffre d’affaire pour le mois, ou presque, donc ça vaut ‘achement le coup de se casser la nouille pendant une semaine).

Le soir je vais me faire un peu mal à l’entrainement de football américain (100 squatts, 80 situps, 60 pompes et 40 fentes pour « bien » finir la séance, ça décrasse !). Depuis que je suis à Léognan j’y vais en voiture + tram, pour un trajet global d’une heure (un peu plus en comptant la correspondance et les imprévus qui ne manquent jamais d’arriver). Ça me change du petit quart d’heure qu’il me fallait avant, c’est très fatiguant car je rentre beaucoup plus tard le soir, mais pour le moment j’apprécie trop le trajet en tram pour en être agacée (l’occasion de lire dans une journée chargée, sans devoir me taper les bouchons du périph qui sont assez atroces à Bordeaux).

Mardi

Je me pointe à 8h30 pétantes au cabinet d’examens pour une écho de contrôle, après m’être pressé le citron comme pas possible parce que bien sûr je me suis préparée en retard. Résultat des courses, la secrétaire ne trouve pas mon nom sur le planning. Ben oui, parce que c’est demain le rendez-vous (#teamboulet). Heureusement que j’habite à 5 minutes.

Un peu de trad puis sieste d’un quart d’heure à 10h (il faut bien ça quand on se lève aussi tôt).

Je commence aussi la bêta-lecture pour Marièke du blog Mécanismes d’histoire (première expérience en tant que bêta-lectrice). Pour le moment l’histoire me plait bien (et elle me fait même prendre du retard sur ma trad parce que je n’arrive pas à m’arrêter, ce qui est bon signe n’est-il pas vrai).

Je traduis à fond jusqu’à 20h et puis je me prépare un velouté butternut-coco-curry du feu de dieu qui est une douce conclusion à cette journée de travail.

Mercredi

Rebelote pour le cabinet d’examens, cette fois c’est la bonne. L’avantage de prendre le rendez-vous en première heure c’est qu’il n’y a pas (encore) d’attente. C’est un homme qui me fait l’échographie, détail qui ne me ravit jamais vraiment, mais c’est comme ça. Après l’écho normale, il me demande d’enlever le bas pour passer à l’écho pelvienne. Je demande « Tout ? », par réflexe et pour être bien sûre de pas me mettre à walpé alors qu’il n’y avait pas besoin. Lui me répond : « Ben oui, c’est quand même plus pratique… ». Je me suis retenue de lui dire qu’il s’apprêtait à m’introduire un objet désagréable dans le vagin, que j’avais quand même le droit d’être hésitante, et que je me serais bien passée de son ton sarcastique. Mais bon, j’ai fermé ma gueule, hein. Il était sympathique par ailleurs et m’a bien expliqué tout ce qu’il voyait, donc ça c’est plutôt agréable.

À 18h, après avoir terminé mon quota de mots pour la journée, je file à la salle de muscu pour la prépa physique collective. Programme du jour : Squats nuque en augmentation de charge progressive (j’ai réussi à aller jusqu’à 60 kg, grande première), tirage de traineau à la corde (75 kg, RIP le bout de mes doigts), tractions jusqu’à l’échec (avec un élastique de soutien, j’arrive à en faire une belle et quatre dégueulasses… ce qui est toujours mieux que le zéro de la première séance en début d’année), et un petit défi de gainage (avec 10 kg sur le dos) pour bien terminer le tout. Y’a intérêt que toute cette torture donne des résultats sur le terrain ! On veut la gagner la finale, cette année…

Jeudi

Évènement biannuel : le coiffeur. Je vous raconte tout ça ici. Comme vous avez pu le lire dans l’article en question, le reste de la journée n’a pas été formidable, aussi pour me donner un peu de réconfort (et parce qu’après le prix de la coupe je n’avais pas les moyens de me payer un sushi) je me suis fait des crêpes. Soirée plus douce.

Vendredi

Je me réveille la tronche en vrac en me disant « au moins demain je pourrai dormir », puis je me rappelle que j’ai du retard sur mon projet et que je vais devoir bosser tout le weekend comme une malade. Je noie mon désespoir dans le reste des crêpes d’hier et un café ultraserré.

Un rendez-vous chez le médecin du sport coupe ma matinée en deux. Je vais devoir passer une scintigraphie osseuse pour vérifier que ma périostite bilatérale qui traine depuis 1 an ne cache pas des micro-fractures de fatigue (ce qui serait une sacrée mauvaise nouvelle).

Dans le tram pour aller à la salle de muscu, j’entends des gars parler espagnol/italien/portugais/catalan, ils n’articulaient pas assez bien pour que je puisse réellement déterminer la langue, mais c’était étranger et j’ai arrêté mon mp3 juste pour entendre la musique de leurs paroles (#stalker).

Au terminus, j’ai rallumé le mp3 et mis la musique à fond pour marcher jusqu’à la salle, je me sentais belle et forte (les trompettes de Dancing in the streets ont bien aidé) [David <3]. Je commençais à me dire « Hey ! La vie n’est pas si moche ! ». Et puis, je ne sais pas, quelque part au milieu de la séance, mon lowest-self s’est emparé de tout cela et a tout bousillé. Dès que je voyais mon reflet dans la vitre il me disait « mais regarde-toi, avec ta nouvelle tête de bouffonne » (cf mon article et mon problème avec cette nouvelle coupe) et j’étais si fatiguée que je n’ai pas pu soulever autant de poids que d’habitude, du coup : « mais de toute façon, qu’est-ce que tu crois, tu es la plus nulle du groupe et tu le resteras ».

J’ai croisé un mec que je trouve plutôt mignon (mais aussi plutôt con – c’est fou cette attirance physique pour un gars dont le mental me rebute tant) et alors là c’était fini, je me suis sentie encore plus nulle/bouffonne/ridicule qu’il me voie avec cette coupe de cheveux débile et en train d’en chier ma mère sur le tapis de sol. On est d’accord, c’est une réaction stupide, en vrai je m’en tamponne de ce qu’il pense de moi (à supposer qu’il pense quelque chose de moi, ce dont on peut douter fortement) mais vendredi ça n’allait pas, donc tout cela joue avec mes nerfs. Quand je me suis retrouvée enfermée dans ma voiture, j’ai évidemment déversé de l’eau de partout sur le volant, écrasée par ma solitude et mon manque de perspectives.

Je me suis forcée à manger même si c’était pas l’appétit qui m’étouffait, et je suis allée m’affaler dans mon lit en espérant que la fatigue m’emporterait vite. Je règle le réveil pour faire une « grasse matinée » le lendemain, 6h au lieu de 5h, je me dis que cette heure de plus me sera bénéfique. Et je sombre.

Samedi

Quand j’ouvre les yeux alors que mon réveil n’a « pas encore sonné », je trouve que le dehors est quand même bien clair. Je regarde l’heure : 9h07, et la notification que mon réveil s’est arrêté de sonner au bout d’une minute. Je ne l’ai pas entendu, il est toujours réglé sur ma vie de couple, volume très faible, pour ne pas réveiller l’autre. Pour le coup, ces 3h de sommeil en plus m’ont reposée, mais elles n’ont pas fait fuir la lassitude, et elles n’arrangent rien à mon retard déjà énorme pour la trad à rendre mardi.

Je prends quand même le temps d’aller sur le marché. Comme il est tard, il est blindé. Moi qui frôle l’agoraphobie ça me colle des sueurs froides tout ce monde. Au moment de retirer de l’argent, un mec me passe devant. « Je vous assure, j’étais là avant vous, j’ai juste dû m’absenter quelques minutes », plaide-t-il pour toute excuse et pas l’once d’un remord. Je tente de protester mais il n’en a pas grand chose à foutre, et comme je ne peux pas assurer à 100% à quel moment il est arrivé, je ne fais pas d’esclandre, après tout ce n’est pas si grave… J’arrive à dissiper ma frustration. La journée commence seulement, je ne peux pas laisser un crétin me la ruiner (mon cerveau s’en chargera bien assez tout seul).

Après-midi studieux, mais je continue de traduire au ralenti, je commence à être sacrément dans la mouise (jamais été autant en retard pour un projet). Cela dit comme j’ai besoin de m’aérer l’esprit pour ne pas craquer une durite, je vais faire un tour au stade de Pessac où a lieu un petit tournois de football américain à 7. Je tente de prendre des photos (il faut bien que j’alimente le compte instagram du club dont je suis la modeste administratrice) mais la lumière tombante ne me facilite pas la tâche. Cela dit, cette sortie a fait son effet et je rentre l’esprit plus léger. Les petits d’jeuns qui m’ont demandé des photos pour mettre sur leur profil Facebook, en prenant des poses de star, m’ont fait sourire le cœur. [ce qui me fait me poser des questions sur ce besoin que j’ai de me sentir utile pour m’apaiser]

Dimanche

Auto-réveil à 5h57, la sonnerie (un peu plus entrainante qu’hier) me trouve donc à 6h plutôt fraiche. Ce lever matinal me fera croire toute la journée qu’on est lundi. J’arrive à abattre pas mal de boulot ET à publier un article ET à faire un gâteau, c’est fou le gain de productivité quand le moral est en hausse.

La semaine se conclut gaiement par la traditionnelle NFL Night chez le coach (le dimanche c’est jour de match aux États-Unis). Ces soirées sont souvent à double tranchant : soit j’en ressors absolument ravie, soit complètement frustrée, lorsque ma parano sociale me fait me sentir exclue sans aucune raison valable (je combats cette sensation mais parfois c’est elle qui gagne). Hier c’était le bon tranchant. Chacun soutient son équipe et ça donne lieux à des petits signes (voire danses) de victoires assez comiques. J’y vais d’ailleurs plus pour l’ambiance que pour réellement regarder les matchs. C’est de toute façon une de mes rares activités sociales en dehors des entrainements, surtout pour les semaines où je ne lève pas le pied de la trad comme celle que je viens de vivre.

En rentrant, lorsque mes yeux se posent sur le miroir suspendu dans l’entrée, bizarrement, je ne me trouve pas si moche.

7 commentaires

  1. Très bonne idée! Maintenant il faut que je file lire ton article sur ta coupe de cheveux!
    Une semaine chargée niveau traduction.
    Pas facile de faire rentrer tous nos projets dans des journées de 24h – nous en sommes tous là Cléa.
    Je t’embrasse.

    Aimé par 1 personne

  2. J’adore ! C’est peut-être un peu pervers si on y réfléchit mais j’aime beaucoup en savoir plus sur le quotidien des gens. Ca les rend juste plus proches de moi, et je trouve ça sincèrement intéressant (mon prochain article parle de notre quotidien en Inde, d’ailleurs). Bon OK c’est bizarre… Mais tu m’as fait rigoler, et aussi saliver (vélouté butternot-coco-curry, crêpes… vivement qu’on emménage et que je puisse faire des vrais plats !). Je suis une adepte d’écrire sa journée / sa semaine, je le fais depuis quelques années et ça me permet de me poser le soir et de réfléchir aux bonnes choses qui se sont passées. Parfois, c’est pas facile, mais justement, ça force à s’attarder sur des détails qu’on se serait empressés d’oublier.

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai aussi mon journal dans lequel j’écris régulièrement, si ce n’est pas tous les soirs c’est toutes les semaines, pour moi c’est indispensable.
      Quand j’ai écrit les articles sur Derek j’ai adoré pouvoir me replonger dans mes notes de l’époque, retrouver les sensations en même pas quelques phrases…
      Mais c’est la première fois que je faisais ce journal en « ouvert ». C’était très intéressant à pratiquer, ça change de point de vue sur la journée, je trouve.

      PS : le velouté il faut que tu testes, ultrafacile à faire et franchement un délice !

      Aimé par 3 personnes

  3. Première visite ici, ou bien peut-être deuxième… Quel courage que cette pratique sportive…

    C’est mignon tout plein ces instantanés du quotidien…. C’est un sacré job que de tenir un journal,… mais c’est aussi stimulant pour l’écriture…, j’ai déjà fait mais de manière partagée, exaltantes expériences…

    Munich, une ville par laquelle je suis un jour passé en rentrant de Berlin, me promettant d’y revenir, ce qui fut chose faite quelques mois plus tard, Fantastiques souvenirs encore très présents…

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