Bilan du challenge

Lorsque j’ai commencé le challenge, le 1er mars dernier, je m’imaginais déjà écrire un bilan radieux, émerveillée de ce mois d’écriture, pleine de créativité, accomplie et confiante pour le devenir de ce blogue.

Or, voilà une semaine que le challenge s’est terminé et il faut que je me mette de force devant le clavier pour aller chercher en moi les mots à poser pour ce bilan, en allant les dénicher dans les coins sombres où ils sont allés se fourrer, par peur de la lumière, pour ne pas avoir à affronter la réalité et la frustration qui a accompagné toute la deuxième partie de ce challenge.

Je m’y suis mal prise, j’aurais dû être plus organisée, préparer des articles à publier tôt le matin plutôt que tard le soir, pour ne pas qu’ils disparaissent dans la nuit où on ne les distingue pas et où ils s’effacent rapidement, confondus dans l’inexistence et la vacuité.

Alors, bien sûr, il y a du positif ; allons-y pour le positif : j’ai écrit pendant trente jours à la suite, et même s’il y a eu des jours où j’avais envie de tout sauf écrire, même s’il y a eu des jours où j’ai publié entre 23h et minuit, j’ai écrit quand même, parce que l’obstination de réussir ce challenge était plus forte et que je ne pouvais pas échouer, pas là non plus, le quotidien est déjà jalonné par les échecs, il me fallait décrocher cette réussite, et c’est une grande fierté que de l’avoir obtenue.

Le positif, c’est aussi ces articles qui sont sortis de ma tête quand je m’y attendais le moins ; même quand rien ne m’inspirait, je n’avais qu’à écouter mes pensées qui s’entrechoquent et il en sortait toujours une phrase, une amorce de quelque chose, et après quelques minutes de concentration, un texte qui fleurit. Mon préféré est sans conteste le numéro 29, écrit sur un trottoir en attendant le bus après un entrainement de CrossFit, le corps délassé, l’esprit relaxé, défoulé. J’ai une immense tendresse pour ce texte qui est parti de rien, juste la première phrase qui m’est venue à l’esprit sans aucune idée de savoir où elle me mènerait, et voilà pourtant que quelques minutes plus tard j’étais lancée sur une métaphore de mon cerveau, que j’ai découverte mot après mot, et quand la chute est venue sous mes doigts j’ai frissonné de plaisir, parce que c’était parfait (du moins pour moi) et, quelque part, exactement ce dont j’avais besoin.

Le positif, c’est aussi tous ces articles qui trainaient dans un coin de ma tête depuis des mois, ou qui étaient en jachère dans les brouillons, ou même simplement griffonnés sur quelques pages de carnet, et qui ont enfin vu le jour grâce à ce challenge, parce qu’il fallait trouver matière et que je les avais sous la main. Le numéro 22 me tenait tant à cœur ; quant au 7 et au 9, ils m’auront pris du temps mais j’ai eu grand plaisir à enfin les rédiger et les publier. J’ai aussi introduit mon écominimalisme, à partir de là je vais pouvoir m’atteler à l’écriture de tout un tas d’autres articles sur le sujet, la porte est ouverte.

Le mois de mars aura ainsi été riche de tout cela, une belle productivité d’écriture, une constance et un attachement dévoué à réussir ce challenge. Mais le mois de mars aura aussi été assez chargé en faux travail, me forçant à faire de longues journées. Et le peu de temps que j’ai eu de libre, je l’ai passé à finaliser mon roman qui est (ENFIN) parti chez une maison d’édition (une seule pour le moment, mais j’ai cru que ce jour n’arriverait jamais), et même si en soi c’est positif aussi, ça a aussi été une source de stress et de fatigue, à quoi s’est ajoutée la grande frustration de ne plus avoir de temps à accorder à la blogosphère. Or, ne plus pouvoir rendre visite à d’autres blogues, vous le savez car ça m’arrive régulièrement et je m’en désole toujours sur ces pages, c’est pour moi un grand mécontentement, j’ai ce problème de loyauté qui me donne la culpabilité de manquer à mon devoir, combiné à l’insatiable faim de lectures bloguesques qui me grignote lorsqu’elle n’est pas comblée.

J’ai manqué de temps pour tout faire – mon désarroi de toujours – et mon absence sur la blogosphère a fini par se traduire par un blogue moins fréquenté, avec moins d’échanges, en dépérissement, et j’ai continué à publier mais j’ai eu l’impression que quelque chose ne collait plus, l’interaction s’était brisée, et cela m’a peinée d’autant plus que je savais très bien que je ne pouvais pas y remédier, pas dans l’immédiat. Alors quand j’ai publié des textes qui me tenaient à cœur et sur lesquels j’espérais pouvoir échanger, mais qu’aucune interaction n’en a découlé, cela m’a touchée plus que ce que je n’aurais voulu, comme pour ce fameux 29 (mais peut-être est-il trop métaphorique pour susciter une quelconque réaction et qu’il n’y a qu’à moi qu’il parle réellement, alors c’est un autre problème). Je sais que je dois gérer ce besoin de reconnaissance qui est un gouffre jamais satisfait, je l’ai attendue pendant des années de la part de ma famille sans paraitre la trouver, et maintenant je la cherche ici mais elle n’est pas toujours là, et j’apprends à me dire ce n’est pas grave, parce qu’effectivement, ce n’est pas grave, et qu’il faut arrêter de m’ensevelir dans ces extrêmes qui ne m’apportent évidemment rien. J’y travaille.

Voilà donc mon bilan mitigé sur ce challenge 30 jours/30 articles. Je vais maintenant prendre le temps de me promener de blogue en blogue avant de reprendre l’écriture – sauf si mon besoin de créativité reprend le dessus avant. Je reste toutefois satisfaite d’avoir mené ce challenge à terme. Et si lorsqu’il s’est terminé, samedi dernier, une grande lassitude s’est emparée de moi, depuis elle s’est estompée. J’ai passé une semaine plutôt bonne (voire excellente par moments), il y a eu de la joie et de la légèreté, il y a eu des marques d’attention du monde extérieur, trois fois rien, des petites touches par-ci par-là, assez pour me donner le sourire et me faire perdre le regard dans le vague, toute enveloppée de la douceur qu’elles m’ont apportée. J’apprends l’indulgence envers moi-même, envers les autres, j’accueille les sensations, il y a toujours du doute, de l’obsession et des tourments, mais il y a aussi des rayons de lumière, des découvertes et du bienêtre, et ça c’est chouette.

Je vous laisse avec la liste des articles. Vous pourrez constater que certains sont protégés par un mot de passe, n’hésitez pas à me le demander. J’ai mis cela en place au fur et à mesure, essentiellement pour me prémunir de potentielles intrusions indésirables, mon monde quotidien et mon monde bloguesque n’étant pas toujours destinés à se rencontrer. Au cas où, j’ai mis cette barrière pour que ces textes délicats ne tombent pas sous de mauvais yeux. Sans pour autant me résoudre à les supprimer, parce qu’ils font partie de qui je suis en ce moment.

En gras, mes préférés – en bleu, mes chouchous.

1er mars – Un mois d’articles
2 mars – Enfin un peu de toi
3 mars – Au fil de l’eau
4 mars – Mars est venu
5 mars – Te voir me voir
6 mars – Au sommet
7 mars – Chère rencontre virtuelle
8 mars – Cadence
9 mars – Profession : profiler
10 mars – La femme et la rue
11 mars – Branche, planète, cerise
12 mars – Privée de photo
13 mars – Get. Out.
14 mars – Gésir
15 mars – Konmari
16 mars – Écominimalisme : l’intro
17 mars – Voluptés
18 mars – Une semaine d’émotions
19 mars – Je t’attends là
20 mars – Votre chanson française
21 mars – À ces nuits
22 mars – Le voyageur
23 mars – Le colis de l’absurde
24 mars – Bris de glace
25 mars – Lassitude & Shit
26 mars – Ready ?
27 mars – Musicomotivation
28 mars – Grâce matinale
29 mars – Derrière le tas d’ordures
30 mars – Cacophonie

J’en profite par conclure par un immense merci à tous·tes celles et ceux qui m’ont suivie tout au long de ce challenge, même si vous n’avez lu qu’un article par-ci par-là, ça compte, énormément, et j’espère continuer de vous retrouver sur ces pages et ailleurs. Merci !


Hier, j’ai peint cette citation de Marie Kléber, tirée d’un article fort. Comme bon nombre de citations, je l’avais mise de côté en attendant d’être prête à en recevoir la sagesse. Je puise dans ces quelques mots une force et une résolution, je prends le risque et les promesses. Merci, Marie.

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10 commentaires

  1. Bravo ! Et respects ! En ce qui me concerne cela a été l’ inverse. Un mois s’ est passé entre deux textes ! Peut être y a t-il dans ce monde un genre de système de vases communicants ?
    Me voilà encore en train de déconner. Encore bravo 😉

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  2. Bravo pour avoir tenu 30 jours ! Personnellement je n’ai pas eu le temps de te lire au quotidien et là j’ai pas mal d’articles en retard, mais je les lirai tous à un moment ou un autre 🙂 Ceci dit je comprends la frustration de manque d’échanges quand tu es fière et satisfaite de ton article, et que tu es prête à échanger… On écrit pour soi mais également pour les autres, et parfois ça peut être décevant. Mais tu as quand même tenu le coup et visiblement, ça t’a apporté quelque chose au final, alors ça reste une expérience positive 🙂

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    1. Oh ne t’inquiète pas, je sais que j’ai foule d’articles en retard chez toi aussi… D’autant qu’un article par jour c’est vraiment beaucoup, et encore certains étaient assez courts^^
      Oui il faut en garder le positif 🙂 J’essaie en tout cas. Merci Anousha !

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  3. Tu le sais Cléa j’ai pris plaisir à te lire ici pendant ce mois de mars. Tes mots m’avaient manqué.
    Pour ce qui est de ce besoin de reconnaissance, tu sais combien je te comprends. Il est d’autant plus difficile à gérer quand on met ses tripes sur la table comme nous le faisons souvent sur nos blogs et que les retours sont quasi-nuls. Non, ce n’est pas grave tu as raison, on apprend de ces situations là aussi.
    Bravo pour ton roman, un grand pas de franchi. Je croise les doigts, il mérite de faire son chemin.
    ps – Quand j’ai vu la photo je me suis dit « quelle belle phrase » jusqu’à ce que je réalise que c’est moi qui avait écrit ces mots!
    Je suis tellement heureuse qu’ils te parlent. Je t’envoie de tendres pensées. Au plaisir de te lire ici et ailleurs. Prends soin de toi.

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  4. Hé ben voilà, l’affaire est conclue et le challenge réussi!
    Je pense avoir lu tous les articles de ce challenge, quand j’ai pu et la diversité des articles, tant sur le fond que la forme, inspire un respect incroyable.

    Pour le retour des gens, j’ai appris que finalement, ce qui compte, c’est d’être satisfait de ce que l’on fait et si on a un retour, c’est un petit plus!
    C’est comme un journal « intime » (car question intimité sur le net, on repasse), on le fait pour soi d’abord, puis pour les autres ensuite. A hauteur de 50/50 🙂

    A très vite pour de nouvelles lectures!

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    1. Merci Papyves ! Toujours un plaisir de savoir que tu passes par là 🙂
      Et je sais bien que tu as raison, mais quelque part si je voulais me contenter d’un journal intime sans retour je me contenterais de mon carnet et de mon crayon. Enfin bon. Je suis quand même contente de le faire. C’est parfois des belles surprises !

      A très vite 🙂

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