Le point sur le 8

En regardant la date il y a deux jours et en me faisant la réflexion que ce serait bien que je revienne un peu bavasser par ici, j’ai tout de suite su que j’étais forcée d’attendre le mercredi pour poster un petit bilan de ces derniers temps.

Nous sommes aujourd’hui le 08.08.18 et, si vous vous souvenez de mon article sur la prophétie du 88, le 8 est un chiffre qui me tient particulièrement à cœur (si vous avez loupé l’explication de cette lubie, je vous invite également à aller (re)lire « 28, putain ! »).

Alors, comment me traite cette année en 8 maintenant que plus de la moitié a passé ?

Il est évident que j’y ai été bien plus ballotée que ce à quoi je m’attendais. Si début décembre j’ai affirmé avec confiance que je m’étais retrouvée et que tout ne pouvait aller que pour le mieux à partir de là, j’étais loin de m’imaginer que je serai encore emportée par plusieurs vagues de dépression jusqu’au mois de mai et que, finalement, je m’étais retrouvée que dalle.

Feuillage 2

Janvier & février

Tout juste 6 articles publiés pendant ce début d’année gris et dépressif. Le chamboulement apporté par N. malgré lui, et les répliques d’un tremblement de terre qui se sont succédées pendant ces deux mois. Je n’ai pas bien passé la tête hors de l’eau, je me suis noyée sur mon visage sans voir la moindre lumière au bout du tunnel. Ce qui est dingue c’est que le fond du trou peut toujours descendre plus bas. On pense être arrivée, ne pouvoir faire que rebondir, et v’la qu’on redégringole de plus belle. Pas très glorieux tout ça.

Mars

Un peu lassée de passer mon temps à gémir, notamment que je ne faisais rien de ce qui me faisais envie, j’ai entrepris – et réussi – le défi d’écrire un article par jour tout au long de ce mois-ci. Avec le recul, le souvenir que j’en garde est une aventure exténuante mais enrichissante que je suis fière d’avoir menée à bout. Écrire juste pour écrire, je ne le fais pas assez souvent, et j’aime la sensation de productivité qui se dégage de cette période.

Avril & mai

Début avril a été euphorique. Ce fut bref mais intense. C’était le sourire au creux des lèvres à la simple évocation d’un prénom. Les heures de sommeil envolées dans les pensées accordées à une personne. Les envies d’échange, de contact (verbal, oculaire, corporel). Qui ne seront finalement jamais assouvies – mais, ça, je ne le sais pas encore à l’époque, et l’espoir abreuve mes journées.

Oiseau 1

Le challenge des 30 articles est en effet ce qui m’a permis de rencontrer le Muguet. C’est à cette période qu’il a commencé à lire mon blogue. Début avril, il m’écrivait les fameux messages qui m’ont fait chavirer. Je ne sais pas encore dire si c’est une bonne chose. Probablement qu’à terme ce le sera, quand j’aurai cessé d’être en colère contre lui (il semblerait que la colère soit normalement la 2e étape du deuil, mais si je faisais les choses dans l’ordre ça se saurait).

Hélas, la douceur et l’espoir qui m’ont été offerts par le Muguet, il me les a repris presque aussi sec par la torture de son indécision. Et moi qui pense beaucoup, trop, je me suis retrouvée enfermée dans une spirale de doutes et de questionnements sans fins, à ne pas comprendre ce qu’il se passait.

J’ai osé proposer un rendez-vous, prenant le risque par la main, mais c’était déjà trop tard. S’il a accepté que l’on se voie et si ces quelques heures à discuter sans voir le temps passer ont été un vrai régal, elles se sont soldées par un oui mais non de sa part. Abrupt et frustrant. Qui m’a menée droit dans le mur. À plusieurs reprises. Tout au long du mois de mai, en fait, je n’ai fait que rentrer dans le mur, à me prendre des beignes par le quotidien et la douloureuse mission de passer à autre chose.

La vie était sombre et je me trouvais alors bien loin de l’épanouissement dont j’avais fait mon crédo pour 2018. J’avais perdu de vue ma prophétie.

Feuillage 3

Juin

Si toutes les bonnes choses ont une fin, ce qu’il y a de bien, c’est que c’est aussi le cas pour la plupart des mauvaises. Après plus d’un an de tourments sans jamais vraiment avoir la sensation d’aller mieux malgré de petites avancées, j’accède enfin à l’apaisement auquel j’aspirais si fort. C’est la libération du I am willing. Je ne vais pas revenir là dessus, mais s’il y a bien un moment où je me suis retrouvée, reconnectée avec moi-même, c’est celui-ci. La mise au point s’est faite toute seule et sans effort (sauf si l’on considère mes longs mois de galérienne avant ça, à ramer comme une débile à contrecourant). Pour la première fois depuis janvier 2017, je peux écrire et dire sincèrement : ça va.

Juillet

Nouveau tournant puisque, pour la troisième fois en moins d’un an, je déménage. J’avais plus ou moins raconté ma transition de Bruges à Léognan en aout 2017, où le quotidien n’était pas désagréable si ce n’était pour l’allongement des trajets jusqu’à Bordeaux qui ont fini par me peser incroyablement. En décembre dernier, j’ai donc saisi l’opportunité de me rapprocher de mes centres d’intérêt en déménagement à Talence, encore dans une chambre chez l’habitante. Mais alors l’habitante en question m’a tellement pompé l’air que vivre avec elle était devenu un stress de plus (ce qui explique aussi ma morosité des mois précédents).

Elle a fini par me demander de partir, et j’ai fait mes valises avec soulagement le 30 juin dernier. Aidée de quelques-unes de mes coéquipières (et rien que le fait que je demande de l’aide prouve à quel point je vais mieux), j’ai donc emménagé chez P., un ami du foot avec qui je m’entends bien. La vie avec P. est tranquille. Pour la première fois depuis un an, je me sens chez moi. Avant la prochaine étape du van.

Feuillage 4

Et pour la suite ?

Aout est arrivé sans prévenir après avoir travaillé comme une forcenée pendant tout le mois de juillet (la raison de mon manque de présence ici et chez vous). Aout est arrivé avec la canicule et le soleil qui brule. Aout est arrivé avec les éclats de rires d’un weekend d’anniversaire. Un weekend qui n’a pas toujours été facile à gérer, car le Muguet n’était pas loin et que le processus de passer à autre chose n’est pas encore bien achevé, et qu’il trimballe encore avec lui des notes de mélancolie qui resurgissent çà et là. Finalement, les joies du weekend ont surpassé toutes les pointes de frustration, de douleur et de tristesse qui auraient pu l’emporter, et je me suis sentie si bien dans ce groupe de personnes, si en harmonie, que, ma foi, on pourrait presque appeler ça… de l’épanouissement.

D’autres projets se profilent pour le reste de cette année, comme celui d’arrêter la traduction ou du moins de ne plus dépendre de cette activité pour vivre, et ça, croyez-moi, je l’attends avec impatience. Le but étant de me consacrer réellement à mon activité d’écriture, et pourquoi pas d’édition, mais mon édition à moi, comme je l’entends, puisqu’il va bien falloir un jour que mes livres sortent du placard et qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Eh oui, six mois à repousser les envois aux éditeurs, tout ça pour me rendre compte qu’en fait je n’ai pas envie plus que ça de me faire mâcher par la grande machine de l’édition traditionnelle. Il y a d’autres pistes à explorer, et je retrousse d’ores et déjà mes manches pour mettre en branle ce projet considérable.

Alors, alors, comment me traite cette année 2018 ? Elle n’est pas encore finie, donc rien n’est établi avec certitude, mais je crois bien qu’elle pourrait tout à fait tenir ses promesses, après m’avoir fait la frayeur d’être une année de plus à frôler la noyade sous les larmes.

Non, 2018 apporte ses promesses et les fait fructifier, le sourire au cœur, l’envie au bout des doigts, le regard tourné vers le soleil.

Feuillage 1

Publicités

5 commentaires

  1. Je pense que tu peux les sortir du placard, tes livres ! Parce que c’est toujours un réel plaisir de te lire. Quand on commence, on a pas envie de s’arrêter, les yeux glissent sur tes mots.
    Bonne (fin) d’année 2018 alors 😊

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s