En roue libre

Depuis que tu fais partie de ma vie, tu monopolises l’intégralité de mon temps libre et de mes pensées. Oh, elles sont toujours aussi volubiles et dispersées, et si tu es le centre de leurs préoccupations, avec toi le champ des possibilités est si vaste que j’ai bien souvent failli me perdre dans les conjonctures et les divagations.

Il m’a fallu un peu de temps pour faire ta connaissance. J’ai compris qu’il ne fallait pas brusquer les choses, que tu avais toi aussi ton passé, tes cicatrices, tes expériences, et que nous devrions nous apprivoiser mutuellement avant de pouvoir construire quelque chose de concret, ensemble.

Alors j’y suis allée doucement, j’ai gratté les écailles, tenté de colmater quelques vieilles blessures mal rafistolées. Nous verrons sur le long terme l’efficacité de mes actions, mais je ne suis pas inquiète. Tu es robuste et fiable, je sais que tu tiendras le choc et que tu m’emmèneras au bout du monde.

Même si, à vrai dire, le bout du monde, ce n’est pas ma destination pour l’instant. Je n’ai pas besoin d’aller aussi loin pour savoir que je suis bien avec toi. Tant que nous arpenterons des chemins verdoyants, et que nous serons en roue libre vers notre destin, tout ira bien. Pas de voie rapide, ni toi ni moi n’apprécions ces raccourcis vers le futur qui n’apprennent rien et manquent d’éloquence. Seuls les détours par des coins de paradis et les chemins cabossés sauront nous satisfaire pleinement.

Je n’aurai de racines qu’en toi et donc de partout sur cette Terre. Mes pieds n’ont de toute façon jamais vraiment touché le sol, ce sont des arpenteurs indécis qui mettront aisément leurs pas dans les tiens.

Jusqu’où nous irons ensemble, seul l’avenir nous le dira. Non seulement en terme de kilomètres de vie mais aussi de durée dans le temps. Pas de pression sur ce point, nous verrons bien de nous-mêmes quand sera venu le moment de séparer nos chemins.

Lorsque tu m’as révélé ton nom, après quelques jours d’hésitation, j’ai été conquise sans retenue.

Navette Vanship Entreprise.

Nouvelle partenaire de voyage, j’aimerais que notre devise soit la même que le fameux vaisseau du même nom.

« Roads. The final frontier. This is the voyager of the Vanship Enterprise. Her continuing mission : to explore exciting new places. To seek out new lifes and new civilizations. To boldly go where she has never gone before. »

(Les routes. L’ultime frontière. Voici la voyageuse de la Navette Enterprise. Sa perpétuelle mission : explorer des lieux nouveaux et palpitants. Découvrir de nouvelles vies et de nouvelles civilisations. S’aventurer bravement partout où elle n’est encore jamais allée.)

[pour la version originale, c’est par ici]

Alors que j’ai souvent tendance à mettre la charrue avant les bœufs pour ce qui est des relations, avec toi je prends mon temps et ne brusque rien. Je suis à l’écoute de mes sensations et de mes envies, une lenteur qui nous va bien pour nous assurer de faire les choses correctement – ou du moins pas trop mal et du mieux qu’on peut, car bien sûr tout est loin d’être parfait et des erreurs ont déjà été commises. Mais s’il y a bien une chose que j’apprends avec toi, c’est accueillir les erreurs comme partie du processus. Je ne me suis pas étonnée quand elles sont survenues, et elles contribuent à faire de ton imperfection juste ce qu’il me faut. Pas plus, pas moins.

En juin dernier, je t’ai fait découvrir Cerbère et les monts du lyonnais, nos deux mille premiers kilomètres ensemble vers des destinations que tu reverras souvent. Aujourd’hui nous sommes en partance pour le sud, le vrai, celui de mon enfance et de tous les étés, celui qui m’appelle à lui sitôt juillet venu et auquel je ne manque jamais une occasion de gouter. Nos errances nous ramènerons sans nul doute plus d’une fois sur ces routes de garrigue qui sentent si bon le pin et le soleil sur la terre battue. J’ai la Provence dans la peau et j’ai hâte de te la faire découvrir. Sûrement qu’avec toi, je la verrai encore d’une toute autre façon.

À nous, Navette, et à ce que l’avenir nous réserve. Aventures et déconvenues entremêlées, mais jamais en manque de vie et de poumons pleins de ce qui fait vibrer.

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9 commentaires

  1. j’avais loupé ce texte et ces nouvelles de toi me réjouissent, cléa
    j’adore cette façon de présenter ta nouvelle partenaire de vie car tout est vivant 🙂
    moi aussi j’ai la provence en moi et j’y suis actuellement
    je te souhaite de beaux voyages et de belles rencontres
    des gros bisous

    J'aime

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