Penser son chemin

Et puis je me disais,
Que peut-être ce qui était beau était ce que nous voulions voir
mais que nous avons refusé de regarder par méfiance envers la vie
quand bien même tous nos instincts nous poussaient vers cette destination
et que nous avons détourné la tête parce que ce n’était pas ce qu’il fallait.

Que dire maintenant, aux yeux qui observent le terrain vague, en attente de construction ?
Comment expliquer tous les arcs-en-ciel que nous avons laissés derrière nous et auxquels l’accès ne sera plus jamais possible ?
Comment assumer les tentatives non exploitées, laisser partir ce qui aurait pu être beau mais qui ne sera jamais vérifié, parce que la peur et le doute ne l’ont pas permis ?
Comment justifier tous ces débuts de choses avortés qui n’auront jamais de continuité ?

Débuts de projets, débuts d’aventures, débuts de rencontre, tant autant de commencements devant lesquels on a rebroussé chemin malgré le trépignement des pieds qui rêvaient d’aller y gambader.

Et puis je me disais,
Que le terrain vague n’est pas nécessairement infertile,
Et qu’en l’observant attentivement, on peut y découvrir de nouvelles pousses de commencement, même dans les recoins insoupçonnés,
Qu’il faut arrêter de révulser les yeux dans les orbites à la recherche de ce qui a été, de ce qui aurait pu être,
Que tout ce qui a été omis, ailleurs, que tout ce qui est loin, maintenant, appartient à une autre terre et qu’il serait malvenu de chercher à les rapatrier ici de toute force.
Ce sont les choses forcées qui ne repoussent jamais, quand tout le spontané et l’enthousiasme d’une vie sont les seules graines qui germeront peu importe les conditions.

Quelque part sur le terrain se trouve le chemin, jamais damé, jamais pavé ; même au milieu du désert la voie n’est pas tracée et les détours sont à prévoir.
Mais les étoiles indiquent le nord et le vent ramène les grains de sable, toujours, là où est leur place, même après les avoir fait virevolter des jours, des mois, des années durant.
Alors nous planterons les graines en chemin, et parfois nous avancerons sans savoir si elles donneront quelque chose ; parfois il faudra s’assoir devant et attendre, patiemment, d’en observer les résultats, et de voir où pointent les feuilles pour découvrir dans quel sens tourne la route.

Et puis je me disais,
Que de toute façon nous n’étions jamais vraiment arrivés, que nous nous éparpillions dans tellement de directions que la mort définitive était impossible puisqu’il y aurait toujours, forcément, un petit bout de nous en train de cheminer quelque part, sur l’existence arborescente, à la recherche d’un moment de grâce.

Et puis je me disais,
Que j’allais poser mes pensées
À côté de mon crayon
Et les laisser là un peu tous les deux
En tête à tête
Pendant que je ferme les yeux
Et ne me dis plus rien.

3 commentaires

  1. J’aime quand tu poses tes pensées comme ça. Avec des images aussi belles.
    Nous sommes toujours en chemin, à chaque instant, à nous de voir ce que nous voulons retenir, de quelle manière nous souhaitons avancer.
    Revenir sur le passé ne le changera pas. Il est ce qu’il est, peine et joie mêlées.
    Affectueuses pensées Cléa.
    Prends soin de toi

    Aimé par 1 personne

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